Mieux connaître la culture malagasy

La culture malagasy est riche et variée. C’est l’une des choses qui attirent les touristes dans ce pays. De l’histoire des rois jusqu’à l’implantation du christianisme à Madagascar, en passant par l’éthique fondamentale qui régit la société, la Grande Île a une culture à la fois fascinante et captivante.

Langue et dialectes

Le malagasy est une langue. C’est une langue vivante qui évolue, avec apparition de nouveaux mots et expressions au gré du temps. La langue officielle malagasy est celle parlée dans les hautes terres, précisément à Antananarivo. Il est question ici du malagasy parlé par l’ethnie Merina. Et puis, il y a les dialectes qui sont parlés dans les régions et provinces.

Le malagasy du plateau est à la fois le malagasy officiel et le dialecte merina. Outre le merina, il existe 10 autres dialectes dont le betsimisaraka, le dialecte antanosy, le dialecte sakalava, le dialecte masikoro e l’atandroy-mahafaly… Par rapport au malagasy officiel, il y a quelques différences notables, précisément sur le phonème et la prononciation et sur le mot utilisé pour exprimer une idée ou désigner une chose. A titre d’exemple, le mot «miantso», en malagasy officiel, signifiant «appeler», devient «mikoka», dans le dialecte betsileo.

Malgré tout, toutes les ethnies malagasy se comprennent, et ce, quel que soit le dialecte utilisé.

Le «fihavanana» et le «firaisankina»

Le «fihavanana», signifiant «liens familiaux» et le «firaisankina», voulant dire «entraide» et «solidarité», sont des traits culturels significatifs du peuple malagasy. Ces deux mots traduisent la valorisation de la vie et également de la relation fraternelle intrinsèque unissant les malagasy. Cela engendre naturellement des valeurs éthiques comme le respect d’autrui, l’assistance aux plus démunis et à ceux qui sont dans le besoin, l’effort continu pour que la vie en société soit paisible et agréable…

Ce souci du bien-être et confort pour soi-même et pour les autres ne se limite pas aux Malagasy. Grâce à ces valeurs éthiques intrinsèques, le Malagasy apparaît également accueillant et bienveillant vis-à-vis des étrangers, dont les touristes qui viennent pour découvrir le pays.

Les valeurs éthiques hérités du fihavanana et du firaisankina précèdent celles héritées du christianisme importé dans le pays aux temps du roi Radama II, vers la moitié du XIXe siècle. Elles viennent plutôt appuyer et solidifier les témoignages d’amour et de solidarité développés dans la religion chrétienne.

La place du zébu dans la culture malagasy

Le zébu n’est pas qu’un animal à la viande bien succulente. Pour les malagasy, cet animal représente toute une culture et un mode de vie. Si le chien est considéré comme le meilleur ami de l’homme par les occidentaux, le zébu est, pour le Malagasy, une richesse sans pareil.

La viande de zébu nourrit et permet de préparer un véritable festin lors des événements comme le «didimpoitra» (circoncision) ou le retournement de morts (famadihana). Les excréments du zébu servent pour élaborer des engrais de qualité pour la culture. La peau du zébu permet de concevoir des sacs, ceintures et objets du genre… Les cornes du zébu servent pour fabrique du peigne et objets similaires. Les os du zébu servent à concevoir des remèdes naturels dont du «ranomena» (solution rougeâtre) pour traiter le rhume, la toux…

Dans le sud de Madagascar, le nombre de têtes de zébus permet de mesurer la richesse et la réputation d’un homme.

Tout cela, pour dire que le zébu a une place prépondérante dans la culture malagasy.

Le retournement des morts

Le retournement des morts ou «famadihana» est une part importante de la culture malagasy. Cette pratique consiste essentiellement à recouvrir les chers disparus avec du linceul généralement tous les 10 ans. Cela, pour démontrer que le Malagasy n’oublie jamais leurs parents et les personnes aimées même si ceux-ci sont décédés depuis plusieurs années.

A l’occasion du retournement des morts, les Malagasy font un festin de roi. Il s’agit notamment de nourrir tout le village où se passe le famadihana avec du riz ainsi que de la viande de porc et de zébu. C’est le fameux «vary be menaka».

Les familles du défunt dépensent beaucoup d’argent à l’occasion du famadihana. En raison de leur amour pour la personne décédée, ils estiment néanmoins que le jeu en vaut la chandelle.